Philippe BARRIER

Philosophe, docteur en sciences de l’éducation
Lauréat de l’Académie de Médecine
Prix Pierre Simon éthique et réflexion 2014

Quelle serait pour vous la définition d’éthique dans la santé ?

La santé relève de l’éthique parce qu’elle est le fait d’une relation : relation à soi dans le soin qu’on se porte à soi-même, reposant sur des valeurs de vie pour entretenir une dynamique d’équilibre satisfaisante qui est la santé.

Relation au monde et aux autres, car la santé pour l’être relationnel qu’est l’homme n’est pas un enfermement sur soi, mais au contraire la fluidité et l’harmonie des échanges.

 Enfin, dans le soin médical, la santé rétablie et entretenue est le fait d’une relation thérapeutique basée sur le respect mutuel, c’est-à-dire l’écoute réciproque et la reconnaissance de la légitimité des connaissances et expériences spécifiques de chacun des membres de la relation. Cela implique nécessairement humilité et bienveillance. Il n’y a pas de santé sans éthique.

 

Quelle est pour vous la définition de l’éthique dans la communication en santé ?

La première interrogation éthique concernant cette thématique porte sur le mot même de « communication ». En effet, trop souvent aujourd’hui, le terme communication désigne des techniques de manipulation et de persuasion qui ont peu à voir avec les exigences de vérité qui caractérisent le discours éthique.

Il est donc impératif, d’un point de vue éthique, que la communication en matière de santé soit exclusivement motivée par la volonté ferme de transmission de connaissances avérées et d’établissement d’un dialogue entre partenaires d’un apprentissage de la santé. La communication en santé doit permettre la libre circulation des connaissances et des expériences, et leur confrontation critique.